TunnelBear a bâti sa réputation sur son image sympathique et accessible aux débutants, ours en peluche et explications en langage simple. Ce branding fait parfois oublier la vraie question que les gens tapent dans Google : TunnelBear conserve-t-il des logs ? On a lu sa politique de confidentialité actuelle, vérifié sa juridiction, et regardé ce que couvrait vraiment son unique audit indépendant.

Ce que revendique TunnelBear

La politique de confidentialité de TunnelBear affirme ne pas enregistrer :

  • L’activité de navigation ou les sites visités
  • L’adresse IP une fois la session VPN terminée
  • Les requêtes DNS
  • Le contenu du trafic

Ce qu’il collecte : le volume de données utilisé par mois (pertinent uniquement pour les comptes gratuits soumis à un quota), le nombre de connexions agrégé, et la version de l’application ainsi que le système d’exploitation utilisé. Rien de tout cela n’est lié à l’activité de navigation.

Ce suivi de la consommation de données mérite d’être signalé. TunnelBear doit savoir combien de données un compte gratuit a consommé pour faire respecter son quota mensuel, une raison opérationnelle légitime, mais cela signifie que TunnelBear conserve plus de métadonnées liées au compte qu’un service strictement aveugle aux connexions comme Mullvad.

L’audit Cure53 de 2018 : ce qu’il couvrait et ce qu’il ne couvrait pas

TunnelBear fait partie des rares VPN à s’être soumis tôt à un audit indépendant, en 2017 et 2018, réalisé par Cure53, une entreprise allemande de cybersécurité reconnue. L’audit a examiné les extensions navigateur, l’infrastructure et certains systèmes backend de TunnelBear, à la recherche de failles de sécurité.

Voici la nuance importante : cet audit était une évaluation de sécurité, pas une vérification de la politique zéro logs. Il cherchait des bugs exploitables et des faiblesses d’infrastructure, pas si les serveurs de TunnelBear étaient configurés pour éviter de stocker des logs de connexion, comme l’ont fait plus tard les audits spécifiques de NordVPN ou Surfshark. Cure53 a trouvé et TunnelBear a corrigé plusieurs problèmes, ce qui est bon signe pour la réactivité de l’équipe sécurité, mais l’audit ne prouve pas directement la promesse zéro logs comme le ferait une évaluation dédiée.

TunnelBear n’a pas répété cet audit depuis 2018. Huit ans sans nouvelle vérification indépendante, dans une industrie où l’infrastructure, l’actionnariat et les pratiques internes peuvent changer considérablement.

Juridiction : le Canada et le problème des Five Eyes

TunnelBear est basé au Canada, membre de l’alliance de renseignement Five Eyes aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Les autorités canadiennes peuvent être contraintes par des tribunaux nationaux de demander des données utilisateur aux entreprises opérant sur leur territoire, et ces données peuvent légalement être partagées avec les autres membres des Five Eyes.

En pratique, cela compte surtout si TunnelBear détenait réellement des logs significatifs à transmettre. Puisque sa politique affichée exclut la conservation des données de navigation ou d’IP, une demande Five Eyes n’aurait presque rien de concret à saisir, à condition que la politique tienne. Mais sans audit récent vérifiant spécifiquement cette promesse, les utilisateurs s’appuient sur la parole de TunnelBear plutôt que sur une confirmation tierce, dans une juridiction plus exposée que le Panama ou la Suisse.

Qui possède TunnelBear

TunnelBear appartient à McAfee depuis 2018. McAfee est une grande entreprise de sécurité américaine cotée en bourse, ce qui apporte des ressources et une stabilité, mais place aussi les obligations réglementaires d’une marque américaine bien connue dans la chaîne de propriété. McAfee affirme opérer TunnelBear de façon indépendante et n’avoir jamais exigé de changement dans ses pratiques de confidentialité, mais cette structure actionnariale mérite d’être connue si l’indépendance juridique et corporate compte dans votre analyse de risque.

VigilantBear et GhostBear : ce qu’ils protègent réellement

TunnelBear nomme ses fonctionnalités d’après des ours, ce qui est charmant mais peut brouiller leur véritable rôle. VigilantBear est le kill switch de TunnelBear : si la connexion VPN tombe de façon inattendue, il bloque tout le trafic internet jusqu’au rétablissement de la connexion, empêchant votre vraie adresse IP de fuiter pendant cette interruption. C’est une fonctionnalité de sécurité concrète, et elle fonctionne comme annoncé dans nos tests, aucune fuite détectée lors d’une interruption manuelle de connexion.

GhostBear est le mode d’obfuscation de TunnelBear, conçu pour déguiser le trafic VPN afin qu’il soit plus difficile à détecter et bloquer pour les réseaux ou les gouvernements. Utile dans des environnements réseau restrictifs, filtrage au travail, réseaux scolaires, pays qui bloquent les VPN, même s’il reste moins robuste que les protocoles furtifs dédiés que NordVPN ou ProtonVPN ont construits spécifiquement pour les régions à forte censure.

Comment vérifier une promesse zéro logs par vous-même

Impossible d’auditer soi-même les serveurs d’un VPN, mais quelques vérifications pratiques restent possibles avant de faire confiance à n’importe quel fournisseur, TunnelBear inclus. Vérifiez si la politique de confidentialité liste précisément ce qui est collecté ou non, plutôt que d’utiliser un langage vague comme « données minimales ». Cherchez un historique documenté, ou son absence, de dossiers judiciaires où l’entreprise n’avait rien à transmettre ou, au contraire, s’est révélée conserver des logs qu’elle niait garder. Et pesez la récence et la précision de tout audit par rapport à ce qu’il a réellement testé.

Pour TunnelBear, ce bilan donne une politique de confidentialité claire et détaillée, un audit correct mais ancien et étroit dans sa portée, et aucun historique connu de scandale de logs. Un bilan raisonnable, sans être exceptionnel. Nettement en retrait par rapport à la poignée de fournisseurs qui ont fait de la vérification zéro logs une pratique répétée plutôt qu’un événement isolé.

Comment TunnelBear se compare aux autres VPN audités

VPNType d’auditDernier auditJuridiction
TunnelBearSécurité (Cure53)2018Canada (Five Eyes)
NordVPNZéro logs (PwC, Deloitte)2025Panama
MullvadZéro logs (Cure53)ContinuSuède
ProtonVPNZéro logs (KPMG)2025Suisse
CyberGhostZéro logs (QSCert)2012Roumanie

La position de TunnelBear ici est moyenne. Il a un audit, ce qui le place devant les fournisseurs sans aucune revue tierce, mais cet audit est ancien, étroit dans sa portée, et n’a jamais été répété. Comparé aux six audits spécifiquement zéro logs de NordVPN depuis 2018, l’écart de vérification est significatif.

Envie de comparer tous les VPN côte à côte ? Consultez notre tableau comparatif complet avec les scores sur 18 critères.

Ce que TunnelBear fait bien malgré les lacunes

Rien de tout cela ne signifie que TunnelBear n’est pas fiable. Il n’a jamais été impliqué dans une fuite de données ni dans un cas documenté de transmission de logs aux autorités, et sa transparence sur les données limitées qu’il collecte est plus franche que chez beaucoup de concurrents. TunnelBear publie aussi un rapport de transparence annuel détaillant les demandes gouvernementales de données, une pratique qui mérite d’être saluée même sans audit zéro logs récent derrière.

Pour un usage occasionnel à faible risque, navigation sur WiFi public, protection contre le suivi du FAI, la posture de confidentialité de TunnelBear est adéquate. Pour quiconque a une vraie raison de craindre une surveillance gouvernementale ou judiciaire, la combinaison d’un audit dépassé et d’une juridiction Five Eyes en fait un choix plus faible que Mullvad ou ProtonVPN.

Obtenir NordVPN

En résumé

La politique zéro logs affichée par TunnelBear n'a jamais été contredite par une fuite connue, mais son seul audit est une revue de sécurité étroite et vieille de sept ans, pas une vérification zéro logs dédiée. Combiné à la juridiction Five Eyes, cela fait de TunnelBear un choix correct pour un besoin de confidentialité occasionnel, mais pas le plus solide pour qui fait face à un vrai risque légal ou gouvernemental. Pour ce niveau de protection, regardez plutôt du côté de Mullvad ou ProtonVPN.

À lire aussi : Avis TunnelBear 2026 et Meilleur VPN pour la vie privée en 2026.