La demande de VPN au Royaume-Uni continue de grimper, plusieurs mois après l’entrée en vigueur des règles de vérification d’âge de l’Online Safety Act. ProtonVPN annonce une hausse de 1 400 % de ses inscriptions, toujours soutenue, et d’autres relevés parlent de téléchargements de VPN en hausse de 1 800 % au Royaume-Uni au début de 2026. L’Ofcom dispose pourtant d’amendes pouvant atteindre 18 millions de livres contre les plateformes non conformes. Les critiques jugent le régulateur bien trop lent à s’en servir.
Les chiffres derrière la vague
Depuis juillet 2025, l’Online Safety Act oblige les plateformes britanniques hébergeant du contenu pour adultes à vérifier l’âge de leurs visiteurs avant de leur donner accès. La réaction a suivi presque immédiatement : les internautes peu enclins à transmettre une pièce d’identité ou à se soumettre à une reconnaissance faciale se sont tournés vers un VPN.
ProtonVPN parle d’une hausse “durable” de 1 400 % de ses inscriptions, directement liée à l’application de la loi. Ce n’est pas un pic passager. L’application ProtonVPN s’est hissée à la première place des téléchargements dans les app stores britanniques, une position qu’elle a conservée plutôt que traversée en coup de vent.
La tendance ne faiblit pas avec le temps. D’autres relevés du début 2026 indiquent que les téléchargements de VPN au Royaume-Uni ont grimpé jusqu’à 1 800 % par rapport aux niveaux d’avant la mise en application. Près d’un an après les premières exigences de vérification d’âge, l’usage des VPN en Grande-Bretagne continue de progresser au lieu de se stabiliser.
| Indicateur | Chiffre | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Hausse des inscriptions ProtonVPN | 1 400 % (durable) | Depuis juillet 2025 | govinfosecurity.com |
| Hausse des téléchargements de VPN au UK | Jusqu’à 1 800 % | Début 2026 | ppc.land |
| Amende maximale de l’Ofcom | 18 millions de livres ou 10 % du chiffre d’affaires mondial | Pouvoir permanent | Online Safety Act |
Le schéma est simple, même si le débat politique autour ne l’est pas. Une loi demande aux internautes de prouver leur identité avant de consulter certains contenus. Une grande partie d’entre eux décide qu’un VPN reste la solution la plus simple et la plus privée. Ce n’est pas vraiment un contournement au sens technique : un VPN change seulement l’origine apparente du trafic. Mais c’est une réponse directe et mesurable à un texte de loi précis, et l’ampleur de cette réponse en dit long sur la manière dont les internautes britanniques perçoivent l’obligation de fournir une pièce d’identité pour naviguer sur le web.
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Ce que l’Ofcom peut vraiment faire, et ce qu’il a fait
L’Ofcom ne manque pas d’outils. Le régulateur peut infliger des amendes allant jusqu’à 18 millions de livres ou 10 % du chiffre d’affaires mondial annuel, selon le montant le plus élevé, aux entreprises qui ne respectent pas les exigences de l’Online Safety Act. Dans les cas extrêmes, les dirigeants de ces entreprises risquent une responsabilité pénale personnelle. L’Ofcom peut aussi demander à un tribunal britannique une ordonnance bloquant totalement l’accès à un site dans le pays.
Sur le papier, ce sont des pouvoirs sérieux. Dans les faits, des associations et des parlementaires soulignent de plus en plus à quel point l’Ofcom utilise peu cet arsenal. Personne ne conteste que l’Ofcom a l’autorité nécessaire. Le reproche porte sur le rythme d’application contre les plateformes qui traînent des pieds, un rythme jugé lent par rapport à la vitesse à laquelle la loi est entrée en vigueur et à laquelle les utilisateurs s’y sont adaptés.
Cet écart entre le pouvoir légal et l’application réelle est aujourd’hui plus intéressant que le lancement de la loi lui-même. Les exigences de vérification d’âge sont arrivées, les utilisateurs ont réagi en quelques semaines, et onze mois plus tard le régulateur qui peut infliger des dizaines de millions de livres d’amende n’a toujours pas bougé à la hauteur de l’urgence affichée par les législateurs ni de l’ampleur du contournement qui se joue au grand jour.
L’amendement des Lords en arrière-plan
Cet écart d’application se déroule en parallèle d’un autre développement, distinct mais lié. En janvier 2026, la Chambre des Lords a voté 207 contre 159 en faveur d’un amendement à l’Online Safety Act qui interdirait la fourniture de VPN aux moins de 18 ans au Royaume-Uni. Nous avions détaillé ce vote au moment des faits.
Cet amendement n’a toujours pas franchi la Chambre des communes. Une consultation gouvernementale sur le sujet, lancée le 2 mars 2026, s’est achevée en mai 2026, et toute législation qui en découlerait resterait encore à plusieurs mois de son entrée en vigueur, si elle voit le jour. À l’heure où nous écrivons, les VPN restent donc totalement légaux pour les internautes britanniques de tout âge, y compris les millions d’utilisateurs qui en ont téléchargé un précisément à cause des règles de vérification d’âge déjà en vigueur.
Mieux vaut garder ces deux histoires séparées. Le vote des Lords concerne une restriction future proposée, pas encore devenue loi. La vague de téléchargements et la question de l’application de la loi concernent ce qui se passe déjà aujourd’hui, dans le cadre légal actuel. Les confondre revient à exagérer la proximité d’une éventuelle interdiction du VPN pour les mineurs au Royaume-Uni, alors que l’histoire la plus immédiate et la mieux documentée est que adultes comme adolescents adoptent des VPN plus vite que l’Ofcom ne sanctionne les plateformes à l’origine de cette demande.
Ce que cela signifie pour les utilisateurs britanniques
Pour qui utilise déjà un VPN au Royaume-Uni, ou envisage d’en installer un, le message pratique reste simple. Rien n’a changé dans votre capacité à utiliser un VPN. La loi à l’origine de cette vague vise les plateformes, qu’elle oblige à vérifier l’âge des visiteurs avant d’afficher certains contenus. Elle ne restreint pas, à ce jour, les fournisseurs de VPN ni leurs utilisateurs, majeurs ou non.
Ce qui a changé, c’est l’échelle de l’adoption ordinaire du VPN en Grande-Bretagne. Un outil autrefois associé surtout au streaming ou au télétravail sécurisé devient, pour une grande part des nouveaux utilisateurs britanniques, une réponse directe à une politique gouvernementale précise sur la vérification d’identité. Ce basculement dans les motivations, plus que les pourcentages bruts, mérite d’être surveillé. Il suggère que lorsque des gouvernements imposent des contrôles d’identité pour accéder à internet, une part prévisible et importante du public préfère contourner ces contrôles avec des outils de confidentialité plutôt que de s’y plier, indépendamment de la manière dont le débat politique sur la vérification d’âge se règlera à terme.
L’accélération éventuelle du rythme d’application de l’Ofcom contre les plateformes, et le sort de l’amendement des Lords devant les Communes, dessineront la suite. Pour l’instant, l’histoire porte moins sur de nouvelles restrictions que sur un régulateur doté de pouvoirs réels mais plus lent que les législateurs et que des millions d’internautes ordinaires ne le voudraient.
Si vous choisissez un VPN en réaction à tout cela, un fournisseur avec une politique zéro log auditée indépendamment et une juridiction hors de portée de l’application britannique, comme ProtonVPN, reste un bon point de départ vu la hausse d’inscriptions signalée exactement pour cet usage. Une option plus généraliste comme NordVPN mérite aussi d’être considérée si le streaming compte autant que la confidentialité pour vous.
L'élément à retenir n'est pas l'amendement des Lords, toujours bloqué avant les Communes. C'est l'écart entre ce que l'Ofcom peut légalement faire pour appliquer l'Online Safety Act et ce qu'il a réellement fait, alors que les téléchargements de VPN au Royaume-Uni continuent de grimper plusieurs mois après l'entrée en vigueur des règles. Les VPN restent totalement légaux pour tout utilisateur britannique aujourd'hui. Surveillez le rythme d'application, pas seulement les gros titres sur d'éventuelles interdictions futures.
Sources : GovInfoSecurity et ppc.land.
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