Sur le papier cette comparaison est réglée : Proton VPN obtient 4,3/5 dans notre comparatif, ExpressVPN 3,7/5. Affaire classée ?
Pas tout à fait. Le score d’ExpressVPN est tiré vers le bas par le prix, pas les performances, et sur le critère unique pour lequel la plupart des gens achètent un VPN, le streaming, il bat Proton sans effort. Cette comparaison est vraiment une question de ce que vous optimisez.
Pourquoi leurs scores ont cette forme
Le 4,3/5 de Proton VPN vient de la confiance : juridiction suisse (5/5), quatre audits sans logs Securitum consécutifs (5/5), applications open source, 5/5 en vitesse, et tarification équitable (5/5 à 3,67€/mois sur le plan 1 an). Sa seule mauvaise note est le streaming, 3/5, avec des notes Variables sur Disney+, BBC iPlayer, Hulu et Peacock.
Le 3,7/5 d’ExpressVPN cache une forme étrange : des scores de performance quasi parfaits (5/5 vitesse, 5/5 streaming, Excellent sur chaque plateforme dans notre tableau) coulés par le coût. À 4,59€/mois sur le plan 1 an et 11,95€ mensuel sans tier gratuit, il obtient 3/5 en tarification, et sa cadence d’audit et sa transparence, bien que solides (audits PwC, TrustedServer en RAM), ne se démarquent plus comme elles le faisaient il y a cinq ans.
En résumé : Proton est le meilleur citoyen, Express est le meilleur animateur.
Streaming : ExpressVPN, nettement
Nos données sont sans ambiguïté. ExpressVPN est noté Excellent sur les sept plateformes suivies : Netflix, Disney+, Hulu, BBC iPlayer, Prime Video, HBO Max et Peacock. Cette cohérence est rare ; seul NordVPN l’égale.
Proton VPN est noté Très Bon sur Netflix et Variable presque partout ailleurs. Variable est la note qui génère les tickets de support : la session Disney+ qui fonctionnait mardi et a planté vendredi, le stream iPlayer qui nécessite trois changements de serveur. Proton s’est amélioré d’année en année, mais pour un produit qu’on achèterait spécifiquement pour regarder du contenu géo-bloqué, ça reste un pari.
Si le streaming est l’usage, cette comparaison s’arrête ici. ExpressVPN, ou mieux encore NordVPN, qui streame aussi bien avec un score global plus élevé, comme notre comparatif à trois l’explique.
Vie privée : Proton, confortablement
Les deux entreprises passent la barre des audits, donc les différences résident dans la structure et la posture.
Le dossier de Proton : la Suisse est en dehors de l’UE et de toutes les alliances de renseignement, et la loi suisse actuelle ne peut pas contraindre les fournisseurs VPN à faire des logs. Les applications sont open source, donc le code peut être inspecté plutôt que fait confiance. Quatre audits sans logs annuels consécutifs est une cadence inégalée, et le modèle économique entier de l’entreprise est des produits de vie privée financés par les abonnés.
Le dossier d’ExpressVPN : juridiction des îles Vierges britanniques (aussi solide), infrastructure en RAM uniquement, audits multiples. Solide. Les astérisques : il appartient à Kape Technologies, une entreprise dont le passé dans l’adtech fait encore grimacer les défenseurs de la vie privée, et son rythme d’audit est moins régulier que celui de Proton. Rien de disqualifiant, mais dans un face à face sur la confiance, Proton tient le haut du terrain. Notre guide sur comment vérifier les déclarations sans logs explique comment peser ces signaux.
Face à face juridictionnel : IVB vs Suisse
Les deux entreprises ont soigneusement choisi leur drapeau, et les deux ont bien choisi, avec des textures différentes. Les îles Vierges britanniques, domicile d’ExpressVPN, sont un territoire autonome sans lois de conservation des données et sans appartenance à une alliance de renseignement ; les demandes étrangères doivent passer par les tribunaux des IVB, qui ont historiquement peu d’appétit pour les expéditions de pêche. L’astérisque : la relation des IVB avec le Royaume-Uni donne à certains avocats spécialisés en vie privée matière à réflexion, plus théorique que démontré.
La Suisse offre à Proton quelque chose de plus rare : non seulement l’absence de mauvaises lois mais la présence de bonnes lois, testées en pratique. La législation suisse exempte explicitement les fournisseurs VPN des obligations de conservation des données télécom, la distinction légale qui a joué publiquement en 2021 (l’ordonnance ProtonMail pouvait contraindre la journalisation d’emails ; le côté VPN est resté intouchable). Ajoutez la non-appartenance de la Suisse à l’UE et à toutes les alliances Eyes, et le drapeau de Proton fait légèrement plus de travail que celui d’ExpressVPN.
Aucune juridiction ne devrait effrayer quiconque. L’une est un bon bouclier ; l’autre est un bon bouclier avec jurisprudence.
Essayer avant d’acheter
Les chemins d’essai diffèrent d’une façon qui convient à Proton. ExpressVPN n’offre ni tier gratuit ni essai sur desktop : vous payez, puis exercez la garantie satisfait ou remboursé 30 jours si déçu, un processus qui fonctionne mais nécessite l’achat d’abord. Le plan gratuit de Proton inverse la séquence : utilisez le vrai réseau indéfiniment sur un appareil, sans carte bancaire, et upgradez le jour où ses limites pèsent.
Pour les indécis, cette asymétrie vaut de l’argent réel : vous pouvez vérifier les vitesses et applications de Proton sur votre propre configuration pendant des semaines, tandis qu’ExpressVPN vous demande de faire confiance (confiance remboursable, mais quand même) d’avance.
Vitesse, applications et extras
Vitesse : les deux 5/5. Le protocole Lightway d’ExpressVPN et l’implémentation WireGuard de Proton sont tous deux suffisamment rapides pour que votre connexion, pas le VPN, soit le goulot d’étranglement.
Appareils : ExpressVPN permet 10 à 14 selon le plan ; Proton permet 10. Les deux couvrent les routeurs et TV, et le routeur Aircove d’ExpressVPN est l’option toute la maison la plus aboutie.
Les extras divergent par philosophie. Proton embarque Secure Core multi-hop, Tor over VPN, le blocage NetShield et le célèbre tier gratuit. ExpressVPN embarque de la commodité : excellentes applications natives sur tout, intégration gestionnaire de mots de passe, et l’expérience de configuration la plus fluide du secteur. Vie privée power-user vs polish.
Prix : Proton, clairement
Plans 1 an : Proton 3,67€/mois contre ExpressVPN 4,59€/mois. Mensuel : 9,99€ contre 11,95€. Totaux 2 ans : 66,03€ contre 77,04€. Les deux offrent des garanties satisfait ou remboursé 30 jours, mais Proton ajoute le tier gratuit comme sortie de secours permanente, tandis qu’ExpressVPN n’offre aucune option gratuite.
ExpressVPN n’a jamais été compétitif sur le prix et apparemment ne le sera jamais. Vous payez la prime pour la fiabilité streaming et le polish. Si cette prime a du sens dans un marché où NordVPN streame aussi bien pour moins cher est la question qu’ExpressVPN préférerait que vous ne posiez pas.
Envie de comparer tous les VPN côte à côte ? Consultez notre tableau comparatif complet avec les scores sur 18 critères.
Coûts à long terme, cartographiés honnêtement
Les prix affichés cachent la réalité des renouvellements, donc cartographions trois ans de possession. ExpressVPN : environ 55€/an sur le plan annuel, pas de repli gratuit, prix de fidélité occasionnels si vous demandez gentiment au support. Coût sur trois ans : environ 165€. Proton : 47,88€/an au taux standard 1 an, avec une option 2 ans faisant baisser davantage (66,03€ au total), et le tier gratuit comme soupape si le budget se resserre. Coût sur trois ans : environ 100 à 120€ selon le mix de plans.
Cet écart de 45 à 65€ achète les vrais avantages d’ExpressVPN : cohérence streaming que notre tableau note Excellent partout, l’écosystème routeur Aircove, et des applications que votre proche le moins technique peut conduire. Si ça vaut le coût d’un abonnement streaming annuel est un choix personnel, mais c’est la vraie question, et les vendeurs à la commission la formulent rarement ainsi.
La réponse correcte la moins chère pour beaucoup de lecteurs n’est ni l’un ni l’autre seul : Proton gratuit comme couche de vie privée permanente, plus un abonnement streaming d’un mois acheté pour les voyages et saisons qui en ont besoin.
Comment choisir
Achetez Proton VPN si la vie privée passe avant le divertissement : juridiction la plus solide du secteur, applications open source, cadence d’audit implacable, tarification équitable, et un tier gratuit pour commencer. Tous les détails dans notre test Proton VPN.
Achetez ExpressVPN si vous voulez le VPN streaming le plus fiable après NordVPN et que ça ne vous dérange pas de payer pour le polish. Notre test ExpressVPN couvre où va l’argent.
Une dernière note pratique : les deux fournisseurs offrent des garanties satisfait ou remboursé 30 jours, donc les vraiment indécis peuvent les faire tourner côte à côte pendant un mois sur les mêmes appareils et laisser leur propre Wi-Fi décider. L’usage réel règle ce débat plus vite que n’importe quel tableau comparatif.
Proton VPN gagne ce match, 4,3/5 contre 3,7/5, et pour les acheteurs axés vie privée ce n'est même pas un concours. La réplique d'ExpressVPN est réelle mais étroite : streaming sans faille et le meilleur onboarding du secteur, à un prix difficile à défendre quand NordVPN fait les deux pour moins cher. Les personnes axées vie privée : Proton. Les personnes axées streaming : ExpressVPN fonctionne, mais vérifiez NordVPN d'abord.